les photos du mois d'Avril 2013

par Olivier Pain reporter photographe a tours  -  #photo du jour


Les photos du Mois d'Avril 2013

 

 

Olivier Pain, Photoreporter à Tours

 

Préambule aux photographies du mois d'Avril :

 

 

Alors que j'ai la chance de continuer mon travail avec les gymnastes de Saint pierre des Corps et de la Vallée Violette, les reportages dits commerciaux s'enchainent. Ce mois ci c'est près de 30 reportages réalisés pour tous les types de clients et de tous les styles : Concert, prises de vues aériennes avec le drone, architecture, studio, naissance, galas, soirées, meeting... Il y a encore quelques temps je me permettais de dire que certains étaient interessants et d'autres non. J'essaie de faire en sorte que ce ne soit plus le cas maintenant. Quel que soit le travail, je tente de toujours le rendre interessant et de le considérer autrement. Dans tout reportage ou prise de vue en studio, deux choses ne changent pas : le Sujet et le photographe. Le sujet n'est autre que l'humain lui même et son lien avec ce(ux) qui l'entoure(nt), ainsi que celui avec le photographe.

 

C'est ce lien avec entre le photographe et son Sujet que je pense interessant d'analyser :

 

Je crois que Reza résume bien les choses en disant : " Et si le travail du portrait, c'était de susciter ce face à face où l'autre vous juge, vous jauge puis s'offre à vous ?" (Reza, dans le livre Derrière l'objectif). A cela, j'ai une petite annecdote, qui date de maintenant 3 ans. Cela se passe au gymnase du Val Fleury, je commençais tout juste mon travail avec les gymnastes. C'est alors que Fatima (elle avait alors 8 ans), que j'avais peut etre déjà prise en photo une petite dizaine de fois en deux mois, me dit : "Olivier, je ne veux plus que tu me prennes en photo, ça me gène." J'ai d'abord pensé que c'étaient ses parents qui avaient suggéré leur désaccord mais je me suis vite rendu compte que non vu que pour sa grande soeur Khadidja ça ne posait aucun problème. Cette période de trêve photographique avec elle a durée presque 3 mois durant lesquels je faisait extrêmement attention à ne jamais l'avoir sur mes photographies.

 

Un jour, j'étais agenouillé près de la poutre pour réaliser des photos de Marion quand Fatima arrive devant moi avec un grand sourire. Elle me dit alors, droite et fière, les mains sur les hanches : "Olivier, tu peux me prendre en photo. Mais à une condition : c'est que tu me laisses en prendre autant que tu en prends de moi". Cette période d'échange photographique à duré un mois environ. L'année d'après, elle a accepté de venir avec son entraineur au studio pour réaliser une séance de gym en studio. Maintenant, je réalise de façon completement libre des photographies d'elle dans ses moments de joie comme de peine.

 

Cette histoire m'a enseigné plusieurs choses : Fatima a eu le cran de me dire que je la gênais mais combien d'autre ne l'ont pas, notre rôle de reporter est alors de sentir quand on gêne notre sujet et donc d'être capable de ne pas le photographier s'il ne se sent pas totallement à l'aise. Aussi Fatima m'a clairement explicité un besoin que le sujet a : savoir ce que le photographe a dans son objectif au moment où il cadre et déclenche. Enfin, elle m'a montré que la patience permettant de laisser aux gens de comprendre notre rôle ainsi que nous de comprendre qui ils sont vraiment : "Je défends de plus en plus l'idée qu'il est peut être plus pertinent de photographier ce que l'on connait bien" (Reza, dans le livre Derrière l'objectif)

 

J'ai longtemps et beaucoup réfléchis autours de cette annecdote et continue à le faire. Elle m'a conforté dans mon choix de ne travailler qu'avec des focales fixes de 50mm, 35mm ou encore 17mm. Pour travailler très près de mes sujets et les laisser maîtriser mon cadre. Je veux que mes sujets sachent que je suis là et ce que je vois, je veux qu'ils sentent ma présence, l'acceptent, puis l'oublient, je veux toujours qu'il entendent le bruit de mon appareil photo, ils savent ainsi ce que je fige d'eux ad vitam aeternam. Je ne prend plus une photo d'eux, ils me la donnent et je vis cet instant décisif avec eux.

 

" Quand vous rencontrez quelqu'un, tout est déjà dit à 80% à travers le regard, la poignée de mains.Cette étape est fondamentale. Elle permet aux gens de comprendre que je ne suis pas là en touriste. Je ne les regarde pas d'en haut, mais d'en bas. Je suis au service de celui que je photographie, et non l'inverse." Reza dans Entre guerres et paix

Où que je sois, cette phrase de Reza résonne en moi....

 

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Vous trouverez ainsi dans ce diaporama, un soixantaine de photographies toutes tirées de travaux réalisés ce mois-ci. Pour changer d'image, survollez le diaporama et cliquez sur les flèches à gauche et à droite de celui-ci.